Notre sélection de livres sur l'art

  • L'exposition « Elles font l'abstraction » ambitionne d'écrire l'histoire des apports des artistes femmes à l'abstraction au XXème siècle, avec quelques incursions inédites dans le XIXème siècle.
    La plupart des expositions dévolues à l'histoire de l'art abstrait ont souvent minoré le rôle fondamental joué par les femmes dans le développement de cette tendance. Les dernières recherches qu'illustrent les nombreuses monographies et expositions thématiques récentes, permettent de réévaluer aujourd'hui l'importance de leur contribution, tout en questionnant les vieux schémas historiques.
    En se concentrant sur les parcours de ces artistes parfois injustement éclipsées, l'exposition propose d'écrire une autre histoire de l'art, élargie à la danse, aux arts appliqués, à la photographie, au cinéma et aux arts performatifs. Loin d'une simple compilation, l'exposition met en évidence les tournants décisifs qui ont marqué cette évolution, en évoquant aussi bien les recherches entreprises par les artistes, individuellement ou en groupe, que les expositions fondatrices.

  • Expo au Musée Jacquemart André, Paris, 5 mars au 19 juillet 2021.

  • Né en 1977, Adrian Ghenie vit et travaille à Berlin et est un des artistes les plus cotés du moment sur le marché de l'art. Depuis une dizaine d'années, sa peinture se déploie à travers un extraordinaire déchaînement chromatique qui, entre figuration et abstraction, invente des formes nouvelles - inspirées par Francis Bacon ou Gerhard Richter - en les déplaçant sur le terrain de l'histoire et du destin de l'espèce humaine en proie aux mutations génétiques. Cette enquête passionnée écrite par Yannick Haenel s'attache à décrire le processus d'une oeuvre à travers l'analyse des figures qui irradient ses tableaux. Est-il encore possible de faire de la peinture dans une époque qui se noie dans la saturation des flux d'images ? Est-il encore possible de peindre des visages après un siècle de propagande où le visage des tyrans a permis d'asseoir leur domination ? Qu'est-ce que la radicalité artistique ? Ce sont des questions que pose l'oeuvre d'Adrian Ghenie, et que ce livre aborde en une série de chapitres qui racontent une histoire : celle de la naissance d'une oeuvre, aujourd'hui. Les oeuvres d'Adrian Ghenie seront présentées à partir du 11 septembre 2019 à Beaubourg dans l'exposition "Bacon en toutes lettres".

  • Hilma af Klint: Seeing is Believing, rassemble de nombreuses reproductions et des essais sur les dernières séries abstraites réalisées par Hilma Af Klint (1862-1944). Ces oeuvres ont toutes été créées dans la première moitié des années 20 et sont ses dernières peintures avant qu'elle ne se tourne vers l'aquarelle.

  • Si Hugo n'a guère voulu montrer ses dessins de son vivant, des artistes phares ont depuis reconnu son audace, tel André Breton, qui y vit « des tableaux où la plus puissante imagination se donne cours ». Les Maisons de Victor Hugo, Paris / Guernesey, conservent aujourd'hui plus de sept cents feuilles, parmi lesquelles de très nombreux chefs-d'oeuvre. Gérard Audinet, leur directeur, s'attache ici à suivre pas à pas, année après année, l'intense fièvre graphique du poète, faisant de cette étude une véritable monographie. Cet ouvrage dévoile l'incroyable fécondité et la pleine liberté d'un écrivain dessinateur dont les yeux et la plume ne cessèrent de fouiller l'obscurité.

  • Spectacle-performance polymorphe mis en scène et écrit par William Kentridge, The Head & the Load explore le rôle de l'Afrique durant la Première Guerre mondiale.

    Cette histoire, encore peu étudiée, est déroulée au fil de tableaux scéniques mêlant musique, danse, jeu d'acteur, projections et sculptures mécanisées. Sur un livret polyglotte (anglais, allemand, français et langues vernaculaires africaines) se déploient tous les méandres de ce conflit et l'importance cruciale qu'eurent tous les porteurs africains utilisés par les Britanniques, les Français et les Allemands. Allusion au proverbe ghanéen disant « la tête et la charge sont les ennuis du cou », cette performance théâtrale met en exergue une histoire aux lourdes répercussions politiques, humaines et sociologiques et s'inscrit pleinement dans la démarche plastique de l'artiste dont les oeuvres sont des catalyseurs politiques. Accompagné d'une distribution internationale de chanteurs, d'acteurs et de danseurs, ainsi que de son complice, le compositeur Philip Miller, William Kentridge développe avec force couleurs, projections vidéos, dessins et mots une oeuvre protéiforme. Une longue et imposante procession d'acteurs et danseurs déroule le récit de ces porteurs africains qui assurèrent le succès des vainqueurs mais restèrent dans l'ombre. L'histoire coloniale et ses répercussions dans le monde actuel sont ici reconsidérées par Kentridge. Présentée à l'été 2018 à la Tate Modern, à Londres, et à l'automne dernier à New York, The Head & the Load fera l'objet de plusieurs représentations en 2020 au Grand Palais, à Paris.

  • Vingt ans après la première exposition qu'elle lui a consacrée, la Fondation Cartier pour l'art contemporain invite à nouveau l'artiste américaine Sarah Sze à créer une exposition immersive dialoguant avec les espaces transparents du bâtiment de Jean Nouvel. Internationalement reconnue pour son oeuvre défiant les frontières entre peinture, installation et architecture, Sarah Sze assemble des objets du quotidien et des images en mouvement dans des installations sculpturales d'une étonnante délicatesse et complexité. Présentant de nombreuses vues de l'exposition, le catalogue publié par la Fondation Cartier retrace la création des deux oeuvres conçues spécialement par Sarah Sze pour l'exposition, composées d'objets, de lumières, de sons, de vidéos et d'images fixes. Un texte de Bruno Latour, une conversation entre Jean Nouvel et Sarah Sze ainsi qu'un texte de la commissaire de l'exposition explorent les références qui se trouvent au coeur du travail de l'artiste et analysent sa préoccupation pour la prolifération des images qui transforment notre relation aux objets, à l'espace et au temps. L'exposition est présentée du 18 octobre 2020 au 15 mars 2021.

  • Ma vie

    Marc Chagall

    • Stock
    • 5 Février 2003

    Dans Ma vie, le seul livre qu'il ait jamais écrit, Marc Chagall raconte son enfance, sa jeunesse et ses années d'apprentissage jusqu'en 1922.

    Né à Witebsk, la ville qui ne cessera de le hanter (le livre lui est d'ailleurs dédié), il va grandir dans le quartier juif, entre son père qui met des harengs dans la saumure et sa minuscule mère : « Je voudrais dire que c'était quelque part en elle que s'était caché mon talent, que c'est par elle que tout m'a été transmis. » Très tôt, le talent de dessinateur du jeune Chagall devient évident. Il va aller étudier à Moscou, puis en France, revenir à Witebsk et finalement se fixer à Paris avec sa jeune femme Bella et son bébé.

    Ce livre ressemble à ses tableaux. Y passent d'étranges personnages aériens, hors du temps et d'autres, bien concrets, ceux-là, qui nous émeuvent et nous font rire : le rabbin, le grand-père, la petite fiancée, les voisins, les autres peintres avec, en toile de fond, Lénine, Lounatcharski, Trotski... Car la guerre de 14 déchire l'Europe tandis qu'éclate la révolution russe.

    Un ouvrage poétique et tendre, qui échappe au temps.

  • Sans lui

    Sophie Calle

    Présentées lors de son exposition au musée de la Chasse, à Paris, en 2018, puis ce printemps au Muséum d'histoire naturelle de Marseille, ces petites annonces, d'hommes cherchant des femmes, racontent l'évolution des qualités recherchées chez l'autre sexe depuis plus d'un siècle. Classés par décennies, des années 1910 à aujourd'hui, ces messages montrent les changements dans les critères de sélection. Au début du xxe siècle, les hommes parlent de fortune, de mariage, dans les années 1970, ils évoquent plutôt la crainte des femmes trop cérébrales et indépendantes. Plus on avance avec le temps plus le corps est évoqué, de même que la sexualité. Pour compléter son panorama sociologique des relations homme-femme, Sophie Calle a également puisé dans les annonces du Nouvel Observateur et du site de rencontres Meetic. Elle a repéré pour chaque décennie les qualités principales recherchées chez les deux sexes ; cet ouvrage présentant aussi des annonces de femmes cherchant des hommes. « J'ai toujours trouvé les petites annonces poétiques, j'aime leur langage concis, économique, elles sont comme des haïkus », souligne l'artiste. Parfois clairement intéressées, telle : « Garçon boucher désire connaître personne ayant boucherie, vue mariage », ces publications parlent aussi de la solitude à l'oeuvre dans la quête amoureuse, une quête dans laquelle il y a aussi de de l'attente, du silence, des non-dits. Image de la solitude affective, de la quête de l'amour ou au contraire marque de son renoncement, ces petites annonces dressent un catalogue amoureux. Artiste inclassable qui floute en permanence la ligne entre réalité et fiction, Sophie Calle met ici en scène la recherche universelle de l'être aimé chez la femme et chez l'homme. Conçu en collaboration avec la maison d'édition Cent pages, cet ouvrage s'inscrit dans la suite des livres dessinés à quatre mains avec l'artiste.

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