Sciences humaines & sociales

  • Sommeillant dans un tiroir, deux petits carnets de toile enduite noire ont été retrouvés dans une maison de famille, dans les années 1970. Ces carnets étaient ceux d'Henri Badetz, le grand-père de l'auteur, qui a consigné, à 20 ans, le récit de ses quatre années de captivité pendant la Première Guerre mondiale. À ces deux carnets s'ajoutait un cahier de trente-deux dessins relatant la vie dans ce camp de prisonniers. Autant de témoignages d'une détresse certaine, mais peut être également chanceuse, dans une guerre qui fut particulièrement terrible.
    Incorporé à Bayonne, blessé et prisonnier de la première heure, Henri Badetz a vécu une guerre particulière qui lui a épargné de connaître les véritables « boucheries humaines » quotidiennes des soldats de 14-18. Blessé puis captif, ce jeune homme va passer toute la guerre en captivité, pendant deux ans dans le camp de prisonniers d'Alten-Grabow, à Dornitz, près de Magdebourg en Saxe, avant d'être envoyé comme ouvrier agricole dans un domaine tenu par une Allemande, francophile, ancienne élève de la Sorbonne et de l'École des chartes.
    De la vie dans le camp subsistent ces dessins touchants qui conservent à la fois la fraîcheur d'un message optimiste et le souvenir du cauchemar collectif des prisonniers, celui des années volées par l'ignoble guerre. Fort heureusement il vécut longtemps, alors qu'autour de lui ses beaux-frères, tous gazés, moururent des suites d'une guerre qui l'avait effleuré et miraculeusement protégé.
    Ces trente deux dessins accompagant les courts textes décrivant avec minutie et concision la vie dans les camps constituent un témoignage boulversant sur la vie quotidienne des prisonnsiers pendant la Grande Guerre.

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