Sciences humaines & sociales

  • Notre monde et notre imaginaire sont habités par les couleurs. Nos actes, nos paroles, nos rêves et nos achats sont dominés par un code implicite, qui est celui dicté par les couleurs. Rien n'est incolore : la réalité se voit et se comprend au travers d'un prisme infini de couleurs. Et ces dernières ont une histoire que Michel Pastoureau retrace ici avec brio.

  • Ciel, indigo, azur, lapis-lazuli, océan, préférence, paix, blues.
    Des origines à nos jours, une histoire de la couleur bleue racontée par l'historien Michel Pastoureau.

  • La rayure et les étoffes rayées sont longtemps restées en Occident des marques d'exclusion ou d'infamie. En furent notamment vêtus tous ce qui, à un titre ou à un autre, se situaient sur les marges de la société chrétienne ou bien en dehors : jongleurs, musiciens, bouffons, bourreaux, prostituées, condamnés, hérétiques, juifs, musulmans ainsi que, dans les images, le Diable et toutes ses créatures. Sans faire aucunement disparaître ces rayures très négatives, l'époque romantique voit apparaître une nouvelle forme de rayures, positives et liées aux idées nouvelles de liberté, de jeunesse, de plaisir et de progrès. Dans les sociétés contemporaines, ces deux types de rayures cohabitent : celles des vêtements de prisonniers, de la pègre, des lieux dangereux et mortifères, et celles du jeu, du sport, de l'hygiène, de la mer et de la plage.

  • « Voilà en bref notre position d'artistes : nous sommes les derniers représentants de l'artisanat auquel la production marchande a porté un coup fatal.
    »William MorrisL'art et l'artisanat aujourd'hui,Edimbourg, 1889« Pour les préraphaélites, comme pour William Morris, la distinction entre l'art et l'artisanat, entre la conception et l'exécution, devait être abolie : tout homme, à son échelle, pouvait être producteur de beauté que ce soit dans la réalisation d'un tableau, d'un vêtement, d'un meuble ; et tout homme également avait le droit, dans sa vie quotidienne, d'être entouré de beaux objets.Michel HouellebecqLa carte et le territoirePeu connu en France, William Morris, né le 24 mars 1834 et mort le 3 octobre 1896 à Londres, est célèbre à la fois pour ses oeuvres littéraires, son activisme politique, sa défense de l'environnement, et ses créations en arts décoratifs.
    Son amitié avec le peintre Edward Burne-Jones s'épanouit à travers leur passion commune pour la création artistique ; il fut également l'ami de John Ruskin, qu'il contribua à faire connaître. S'il connut la célébrité en tant qu'auteur littéraire, il fut également un activiste socialiste, alternant conférences et discours, prônant l'amélioration de la qualité de la vie des travailleurs manuels, de la classe ouvrière tout entière, grâce à l'éducation et les loisirs, avec, en particulier, l'enseignement des arts appliqués.
    Il rejetait un système de production de masse, dénuée de qualité et basé sur le profit.

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  • Dans son ouvrage Les Couleurs de nos souvenirs, paru en 2010 et récompensé par le prix Médicis Essai 2011, Michel Pastoureau s'était intéressé à l'histoire des rapports entre couleurs et société sur plus d'un demi-siècle (1950-2010). Poursuivant ses enquêtes, il les fait porter sur une période plus courte et nous propose aujourd'hui un regard et une réflexion sur les pratiques de la couleur de notre temps.
    Fait de notes prises sur le vif, d'expériences personnelles, de propos débridés, de digressions savantes ou d'historiettes pleines d'humour, ce journal chromatique des cinq dernières années nous conduit sur les terrains les plus divers : le vocabulaire et les faits de langue, la vie quotidienne et le spectacle de la rue, le vêtement et les phénomènes de mode, l'art et la littérature, les musées, le cinéma, la publicité, les chambres d'hôtel et les terrains de sport. Tour à tour descriptif et narratif, ludique ou poétique, ce journal est à la fois celui de l'auteur et celui de nos contemporains. Il souligne combien la couleur, omniprésente dans nos sociétés où sa fonction première semble être de classer, d'associer, d'opposer, de hiérarchiser, reste néanmoins une source de plaisirs et un lieu pour rêver.

  • REVUE DES DEUX MONDES ; le diamant, symboles et mythes Nouv.

    L'histoire du bijou remonte à la préhistoire et intéresse les cinq continents. De l'Orient à l'Occident, on a toujours cultivé l'art des parures et le plaisir d'en porter.
    Tout comme le vêtement, les fonctions du bijou, ses usages et les techniques de fabrication évoluent au fil des siècles. Si les bijoux de vêture tendent à disparaître (agrafe, broche...), les bijoux de parure (bague, bracelet, collier...) ne cessent d'être créés, certains devenant des pièces iconiques.
    Les bijoux délivrent toutes sortes de message. Ils sont non seulement porteurs d'un patrimoine, mais aussi symboles de séduction ou de soumission, objets de superstition aux vertus médicinales, religieuses, magiques...
    Ce hors-série propose un voyage entre les cultures, les savoirs et l'histoire.

  • Depuis le XIIe siècle et durant sept cents ans, l'histoire du Japon fut d'abord celle des samouraïs. À l'origine, une classe de modestes soldats aux ordres de la cour de Kyôto ; mais le pouvoir grandissant des clans provinciaux leur permit de s'a ranchir rapidement de la cour impériale et de créer leur propre gouvernement militaire qui s'imposa dans tout le Japon. Ce livre, abondamment illustré d'estampes, de dessins et de peintures, raconte l'histoire de ces samouraïs, leurs armes et leurs châteaux.

  • Contrairement au rouge, souvent orgueilleux et prompt à l'excès, le bleu, couleur céleste, souvent apaise et pacifie.
    Couleur du ciel et de l'espace, le bleu est la couleur la plus immatérielle qu'il soit. Image même de l'ailleurs et de l'infini, couleur spéculative par excellence, il fascine peintres et poètes, qu'ils voient la terre « bleue comme une orange » (Eluard) ou qu'ils élancent leur rêve vers l'infini (Hugo, Baudelaire, ou Jaccottet, pour qui « le bleu n'est plus une matière, mais une distance et un songe ».).
    Le bleu s'appelle aussi « azur », selon ce mot persan qui désignait à la fois la pierre et sa couleur : un bleu d'une densité vraiment éclatante, qui est passé de l'Orient à l'Occident médiéval sans rien perdre de sa dualité.
    Car si le bleu dit le rêve, la douceur, il se décline aussi en « blues », déplorant le manque et la nostalgie d'un ailleurs ou d'un être aimé lointain ou disparu. Comme toutes les couleurs, le bleu est ambivalent, il dit aussi bien la douceur des songes romantiques que les bleus à l'âme, les incertitudes de « l'heure bleue » et même, les peurs paniques (bleues).

    Voyage au pays du bleu, en compagnie de Jacqueline de Romilly, Jean Giono, Victor Hugo, Hubert Reeves, Jules César, Michel Pastoureau, Julia Kristeva, Daniel Arasse, Chrétien de Troyes, Marcel Proust, Cézanne, Kandinsky, Matisse, Paul Klee, Yves Klein, William Boyd, Mallarmé, William Faulkner, Michel Butor, Toni Morrisson, André Gide, Paul Valéry, Jacques Lacarrière, Pascal Quignard et bien d'autres.

  • Le blanc n'appartient pas au spectre des couleurs mis au point par Newton au XVII e siècle. Le blanc n'est donc pas une couleur comme les autres. Pour certains, ce n'est même pas une couleur... c'est d'abord un symbole. Associé à des concepts positifs du domaine du sacré, il s'oppose autant à la souillure, matérielle ou morale, qu'au noir et aux autres couleurs ;
    Signe de la pureté, de l'innocence, de la chasteté et de la virginité féminines.
    Opposé aux ténèbres maléfiques, le blanc désigne le bien ; mais opposé à la séduction des couleurs et au rouge du sang vital, il désigne l'absence et la pâleur de la mort. Par nature, le symbole peut désigner à la fois une chose et son contraire. Par son exclusion des couleurs, le blanc est associé à la perte :
    Vieillesse (cheveux blancs) et mort (linceul, os), angoisse devant la fameuse « feuille blanche ». La pâleur de la peau témoigne aussi du froid et de la terreur. Tout un bestiaire blanc peuple aussi la littérature, pas seulement fantastique (Pégase, Moby Dick, la licorne, etc.). Enfin, comme les autres couleurs, le blanc est très présent dans l'art : déjà dans les peintures pariétales de la préhistoire ; plus près de nous, chez Ryman, Barceló et aussi chez les designers, Mallet-Stevens, Le Corbusier...

  • Cette année, le passager clandestin poursuit le travail de redécouverte de William Morris qu'il avait entrepris en 2010 avec Comment nous pourrions vivre en publiant deux conférences du socialiste anglais dont la seconde était jusque-là inédite en français.
    Dans la première de ces conférences, Travail utile ou peine perdue ? (1884), Morris montre comment la civilisation moderne renouvelle et démultiplie les formes d'exploitation et le gaspillage déjà à l'oeuvre dans les sociétés esclavagistes ou de servage. À travers la division du travail, l'industrialisation et la compétition capitaliste, l'écrasante majorité de la population est maintenue dans un état de nécessité pour le profit de quelques oisifs détenteurs de l'outil de production et du capital ; de surcroit, les membres de la classe laborieuse sont assignés à des tâches répétitives dépourvues de sens et à la consommation de sous-produits de mauvaise qualité.
    Dans la seconde conférence, Des origines des arts décoratifs (1884), Morris revient sur l'histoire des arts populaires pour mettre en lumière le plaisir, la fierté et la part de création inhérents à tout travail manuel lorsque l'artisan maîtrise l'ensemble des aspects de son métier. Tout travail, dans une civilisation juste, doit ainsi ajouter à la joie et à la beauté du monde. Cela n'est possible que sous certaines conditions : une rémunération juste, un temps de loisir quotidien d'autant plus important que le travail est plus pénible ; le refus de gaspillage de la force de travail et des produits ; le respect des beautés de la terre ; la formation de chacun selon ses capacités et la suppression des distinctions de classe.
    Une critique en règle du productivisme industriel et une réflexion limpide et profonde sur la valeur réelle du travail dans les sociétés dites civilisées.

  • Qu'y a-t-il derrière les plaques commémoratives, derrière tous ces noms, ces mots et ces phrases taillés dans la pierre ? Des actes de courage, des destins tragiques ou des vies sacrifi ées, mais parfois aussi les souvenirs d'une enfance... C'est pour apporter sa pierre à l'histoire de sa famille comme à celle des Enfants de Paris, victimes de la guerre, de l'Occupation et de la Libération, que Philippe Apeloig a réuni ici toutes les plaques de cette période. Habitée par leur beauté, la diversité de leurs compositions typographiques, des tailles et des matériaux, cette oeuvre graphique livre ainsi une vision inédite et insolite de l'histoire récente de la capitale, en même temps que son récit : une grande aventure de la mémoire qui continuera de se transmettre aux générations de demain...

  • Les couleurs, pour Antoine Janot, c'est son métier. Encore enfant, avec son père, il a appris à sentir l'odeur de la cuve de pastel, tâter le goût du bain avant d'y plonger le tissu pour le bleuir. Plus tard, il s'est musclé les bras à tourner les lourdes pièces de lainage dans les chaudrons bouillants des rougies de cochenille. Il est un de ces maîtres-teinturiers dont les couleurs éclatantes assurent l'engouement pour les draps du Languedoc aux Échelles du Levant. Alors, quand le nouvel inspecteur des manufactures nommé à Saint-Chinian vient lui confisquer une pièce d'écarlate sous prétexte que son rouge est affamé, Antoine Janot décide de ne pas se laisser faire. Il rédige un mémoire garni d'échantillons pour expliquer comment il obtient toutes ces couleurs, et il l'envoie à Montpellier, à l'Intendant du Roi en Languedoc, avec une lettre dénonçant les abus de pouvoir de l'inspecteur.
    Pavé dans la mare. Les remous provoqués vont faire repérer Janot jusqu'à Versailles comme un « aventurier sujet à caution, aussi inquiet, aussi haut et aussi dangereux qu'il est bon teinturier ».
    Le mémoire, enterré dans les archives, est ici édité, avec deux autres d'Antoine Janot : c'est le plus ancien ensemble connu de recettes de teinture des draps de laine, illustrées d'échantillons, organisées systématiquement dans l'ordre des opérations techniques permettant d'obtenir toutes les gammes de coloris grand teint avec les colorants naturels.
    Leur étude technologique et colorimétrique, proposée par Dominique Cardon, veut inspirer les passionnées et passionnés de couleur et ouvrir de nouvelles voies pour ressusciter les couleurs de l'ère des Lumières.

  • Couleur-caméléon aux frontières incertaines, ni noir ni blanc, le gris fusionne les couleurs et les matières. Jouant de ses mille nuances, il se fait tour à tour lumineux comme la lune ou poussiéreux comme la cendre. Gris argent, béton, étain, fer, flanelle, perle, pierre, prison, zinc. gris fumée, plomb, poussière, muraille. gris chartreux, éléphant, souris, tourterelle. gris brouillard, brume, orage, nuage, ciel de Paris. gris de Payne ou deperle, gris gustavien, gris Dior ou Montaigne. gris administratif, industriel. Âme grise, éminence grise, enfant à cheveux gris, point gris, révolution grise, théorie grise, en voir de grises. Grisaille, griserie, griseur, feldgrau.

    De Aragon à Goldman, en passant par Beckett, Yourcenar, Godard, ou encore Philippe Claudel, préfacier de l'ouvrage, le gris décline ses associations : gris de la sagesse et de la connaissance, gris de la mélancolie et de la solitude, gris de l'effacement et de l'humilité. Couleur de la ville, de l'industrie, de la standardisation, le gris est aussi celle du sobre et du bon ton, de l'élégance et du luxe, du zen ou de l'ivresse !

    Couleur de notre époque ?

  • La perception de l'arc-en-ciel est-elle universellement DE L'ANTHROPOLOGIE partagée ou propre à chaque culture ? Depuis les travaux fondateurs de Newton, la tradition occidentale considère l'arc-en-ciel comme un composé de sept couleurs (rouge, orange, jaune, vert, bleu, violet, indigo) issu de la décomposition prismatique et continue de la lumière. Pourtant, dès 1810, Goethe, avec sa Théorie des couleurs, vient critiquer ce modèle, pour prendre en compte la subjectivité du regard. Dans son sillage, les Romantiques accusent Newton d'avoir « détruit la poésie de l'arc-en-ciel, en le réduisant aux couleurs prismatiques ».
    Se défaire d'une théorie dominante afin de considérer d'autres types d'expériences et de perceptions : tel est l'objectif de cet ouvrage qui invite à découvrir une variété d'arcs-en-ciel extra-européens, de l'Antiquité à nos jours. L'enquête révèle que, dès lors que l'on s'écarte des sociétés européennes des derniers siècles, les liens entre arc-en-ciel et couleurs s'établissent selon des modalités différentes : nombre d'arcs-en-ciel sont trichromes, monochromes, voire incolores. En Égypte, en Mésopotamie, en Grèce ancienne, en Éthiopie ou en Mélanésie, les couleurs de l'arc-en-ciel se déclinent ainsi selon des configurations bien éloignées du modèle newtonien. Ces dernières nous renseignent sur la façon dont chaque société envisage le chromatisme.
    Quelles sont les conditions nécessaires pour colorer un arc-en-ciel ? Quelles représentations culturelles entourent l'apparition de ce phénomène météorologique ? Quels défis les arcs-en-ciel posent-ils pour la mise en images ? Voici les principales questions auxquelles ce livre se propose de répondre.

    Sous la direction de Arnaud Dubois, Jean-Baptiste Eczet, Adeline Grand-Clément et Charlotte Ribeyrol.

  • En Occident, l'activité manuelle est souvent perçue comme opposée au monde des idées et des concepts. En pensant les activités manuelle et intellectuelle comme complémentaires, cet ouvrage cherche à dépasser le clivage les hiérarchisant sur une échelle de valeurs sociales. Cette étude analyse les changements fondamentaux que connaissent certains des métiers de l'artisanat d'excellence à l'heure d'une industrialisation des modes de production du luxe. Quel est l'intérêt du fait-main ?

  • Après dix ans d'existence sur le Net, le webzine 1 Epok formidable passe au papier. Pour ce premier numéro d'une revue destinée à paraître deux fois dans l'année, le thème retenu est : Révolution. Révolution dans le design, la photo, nos assiettes, la santé, la musique, le voyage... Avec une immersion dans le bureau du compositeur Karol Beffa, le mai 68 de Paul Smith, les cellules d'un monastère en Ombrie, les entrailles d'un hôtel de ville...

    Comme sur le Web, la journaliste Anne Eveillard et le photographe Bruno Comtesse posent un ton et un regard sur ce et ceux qui nous entourent. Avec la complicité, pour cette version « papier », de quelques contributeurs : les romanciers Cécilia Dutter, Philippe Vilain et Jules Gassot. Les chroniqueurs Charles Consigny et Maxime Champion. Le styliste Paul Smith, le photographe Romain Diani et l'illustratrice Dominique Corbasson.

    Autre signe particulier de cette revue sans publicité : son tirage est limité à 1 000 exemplaires.

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