• Que ce soit par ses affiches, ses illustrations, ses animations télévisuelles et par ses nombreuses expositions de par le monde, Jean-Michel Folon (1934-2005) a mondialement marqué l'imaginaire du dernier tiers du XXe siècle. Humaniste, il laisse une oeuvre figurative et poétique, ancrée dans des techniques traditionnelles et, de ce fait, atypique dans le paysage artistique de son temps.

  • Les affiches

    Jean-Michel Folon

    Quoi de plus éphémère que les affiches ? On les voit sans les voir, elles se déchirent, on les piétine. Et pourtant, selon Jean- Michel Folon, leur rareté vient précisément de leur modestie.
    Tout au long de sa carrière, il en a réalisé près de six cents qui sont autant de chefs-d'oeuvre d'inventivité, de sensibilité et de poésie. C'était sa façon à lui « d'entendre le monde en marche ».
    La tragédie de Tchernobyl, les conflits ethniques, la faim, la violation des droits de l'homme, mais aussi la beauté, la joie de vivre, la fête : il s'inspirait de tout ce qui exprimait le monde car « il y a des jours où vous avez envie de crier et des jours où l'on a envie d'aimer ». Pour la première fois, les Cahiers dessinés réunissent cent soixante affiches en reproduction couleur accompagnées d'un entretien et de textes, pour la plupart inédits, sur cet art que Jean-Michel Folon considérait comme étant « le plus visuel, le plus fort et le plus direct ».
    Une préface de Pierre Alechinsky éclaire le lecteur sur cette partie si importante de l'oeuvre de cet immense dessinateur.

  • Folon a inventé un personnage : un petit homme seul. Comme chez Magritte, Chaval ou Topor, il porte un chapeau. Deux points lui servent d'yeux, deux traits, de nez et de bouche. Contrairement aux photographes qui cherchent dans la réalité de quoi nourrir leur imaginaire, Folon nourrit la réalité de son imaginaire à lui. Ainsi, les traits de son petit homme apparaissent en vrai dans un lavabo, sur une prise électrique, une porte vitrée, la façade d'une maison. Et puis, dans la rue, au milieu des gratte-ciels, les feux et les flèches de signalisation se multiplient. Folon les a photographiés pendant des années. Ami de Lartigue, Cartier-Bresson, Martine Franck et de Fulvio Roiter, il ne s'est pour autant jamais considéré comme un photographe : c'est en dessinateur qu'il a observé le monde, et qu'il l'a enchanté. Il a laissé des milliers de clichés, comme les vers d'un long poème à la fois alarmant et merveilleux.

  • Les premiers dessins de Folon, publiés aux Etats-Unis et en France, inédits pour la plupart. Aux dessins d'humour classiques s'ajoutent les premiers dessins « libres » de Folon, poétiques et métaphysiques, dans lesquels s'expriment déjà la tendresse et l'angoisse qui feront sa notoriété mondiale.

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